Pambabuela

Pambabuela

1er Février 2014

Dans quelques jours, nous avons rendez-vous à Riobamba avec l’ONG PLAN, ONG avec laquelle nous parrainons les deux enfants en Bolivie.Nous avons donc 4-5 jours devant nous. En quête d’aventures, Trip & Troc prend une nouvelle décision: se perdre dans la campagne du Chimborazo (province de Bolivar) et se laisser surprendre ! Bus+Bus+Bus nous amène dans la petite ville de Guaranda.

On sent le changement, autres visages, autres façons de parler, nous sommes chez les indiens de la Sierra ! On apprendra un peu plus tard que ce ne sont pas des Kichwas mais des indiens Tomabelas. Le carnaval approche et la coutume veut qu’on se jette de l’eau à la figure… Sentiment un peu partagé en sortant du bus, après s’être pris 2 bombes à eau ! Mais on comprend que les 2 gringas avec leur maison sur leur dos sont la cible rêvée de ces enfants bien cachés….

Bon il faut penser à se loger pour la nuit !

 

IMG_5464

Très vite on rencontre un couple de petits vieux, la conversation s’engage, ils vivent à une heure et demie de Guaranda dans un petit village du nom de Pambabuela.« Nous souhaiterions venir passer la nuit chez vous! Oui oui bien sûr, suivez- nous !» Parfait, l’affaire est dans le sac ! ou pas… Arrivées dans le village, la grand-mère, qui est victime d’une surdité assez aiguë, n’avait pas du tout compris qu’on voulait dormir chez elle, elle part et nous plante devant la maison de sa petite fille.

Tout s’arrange très vite : Marina, Moises, Saul, les cochons d’indes, les lapins et autres poules sont ravis de nous avoir avec eux ! Nous allons finalement rester 2 nuits et 2 jours.

Partager le quotidien de cette famille est assez extraordinaire, même si ce n’est pas facile car premièrement il fait Froid…très froid, nous sommes à 3500m d’altitude, les températures descendent jusqu’à 4-5°c la nuit (vous vous doutez bien qu’il n’y a pas de chauffage !) et deuxièmement ils travaillent du lever au coucher du soleil, et oui nous utilisons « ils » parce qu’ici toute la famille travaille, du plus petit : 10 ans au plus vieux 90 ans.

Nous les avons donc suivis à :

  • 00000484Traire les vaches. Plus difficile que les citadines le pensaient ! Le lait est revendu à une entreprise locale pour faire du fromage.

4 vaches =  20 litres de lait en moyenne chaque jour = 2h de boulot  => 8$ au total (0,40$/le litre)

 

 

 

00000307

  • Cueillir les champignons, les nettoyer et les sécher. Les champignons sont ensuite vendus par Marina qui se rend tous les Samedis à Guaranda pour les vendre à une coopérative. Ces champignons seront ensuite exportés à l’étranger. 1 journée de récolte = 10 seaux + 1 journée d’épluchage + 1 journée de séchage. Pour 10kg de champignons récoltés, il reste  2kg de champignons séchés, vendus à 3$/kg.   3 jours de travail à 6 personnes => 6$

On se rend compte en rentrant qu’on était par hasard à la source d’une chaine de coopératives initiée par un prêtre italien.

« Une expérience de développement communautaire unique en Equateur a été initiée ici en 1970. A l ‘époque, le premier sacerdoce du Diocèse décide d’appeler un groupe de volontaires italiens afin de commencer un travail de soutien social à la zone nord de la province de Guaranda à cause de la grave situation de pauvreté qui y sévit. Le missionnaire Antonio Polo aidé par un technicien suisse nommé José Dubach poussa alors les “campesinos” à acheter des équipements et à se former pour transformer le lait et monter des fromageries (queserias). Centrée au départ sur la transformation du lait en fromages, Salinas a développé aujourd’hui un ensemble impressionnant de coopératives de production alimentaires, artisanales ou textiles, fondations, associations permettant d’offrir du travail à toute sa population. » http://www.echoway.org/page12.php?ct=8&py=260&li=262

 Avant d’arriver dans cette région, nous avions entendu parler de ce peuple de montagnards. On nous avait dit que les indiens étaient plutôt réservés et timides mais très souriants et chaleureux. Description reçue assez juste, nous avons ressenti une chaleur unique dans cette famille et une touchante hospitalité. Et comme décris ci-dessus, ils sont tous restés très pudiques dans l’expression de leurs sentiments mais nous ont fait comprendre que le moment partagé avait été aussi important et touchant que pour nous.

1 photo grpe recardée

Anecdotes

– Clémence se réveille en pleine nuit avec un étranger sur le visage, d’un geste vif elle le dégage mais celui-ci se glisse rapidement bien au chaud dans son sac de couchage… Fouille de cafard en pleine nuit, heureusement retrouvé rapidement !

– On se retrouve 3x par jour dans une petite cahute en torchis et en bois à côté de la maison pour partager les repas autour du feu en famille (cousins, tante, grands-parents,…) entourés de lapins, poules et trophées. Pendent au dessus de nos têtes les cadavres de tapirs, hamsters, vaches, qui sont choisis aléatoirement pour le repas. Cette fois nous sommes toutes les 2 végétariennes, on ne voudrait pas priver la famille de leur trophées…

La galerie photos ici !

00000294

1 Comments

  1. gosette

    Hahah… j’aime bien le « ne pas priver la famille de leurs trophées »…. vous avez pas eu les couilles de manger un « cuy » oui ! kiiissss

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *